18 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

Girimananda Sutta (Anguttara Nikaya 10.60) Canon pali

Girimananda Sutta

(Anguttara Nikaya 10.60)

Traduit du Pāli à l’anglais par Bhikkhu Bodhi

Traduit de l’anglais au français par Jeanne Schut

http://www.dhammadelaforet.org/
Comment Girimanda fut immédiatement guéri de son mal grâce à un message du Bouddha…

À une certaine occasion, le Bouddha séjournait près de Savatthi, dans le bosquet de Jeta, le parc d’Anathapindika. Ce jour-là, le Vénérable Girimananda était alité, souffrant, gravement malade. Alors, le Vénérable Ananda alla trouver le Bouddha, s’inclina devant lui, s’assit sur le côté et lui dit : « Bhante, le Vénérable Girimananda est alité, souffrant et gravement malade. Il serait bon que vous alliez le voir par compassion pour lui. »

« Ananda, si c’est toi qui vas voir Girimananda et que tu lui parles des dix perceptions, il est possible qu’en les entendant son mal soit immédiatement soulagé. Quelles sont ces dix perceptions ? (1) La perception de l’impermanence, (2) la perception du non-soi, (3) la perception de l’aspect peu attrayant du corps, (4) la perception du danger, (5) la perception du renoncement, (6) la perception du détachement des passions, (7) la perception de la cessation, (8) la perception de l’absence d’attirance pour le monde entier, (9) la perception de l’impermanence dans tous les phénomènes conditionnés, et (10) l’attention à la respiration.

[1] « Et qu’est-ce que la perception de l’impermanence, Ananda ? Prenons le cas d’un moine qui part dans la forêt, s’assoit au pied d’un arbre ou dans une cabane isolée et réfléchit ainsi : ‘La forme est impermanente, les sensations sont impermanentes, les perceptions sont impermanentes, les fabrications mentales sont impermanentes, la conscience sensorielle est impermanente.’ Et il demeure ainsi, à contempler l’impermanence dans ces cinq agrégats sujets à l’attachement. Voilà ce que l’on appelle ‘perception de l’impermanence’.

[2] « Et qu’est-ce que la perception du non-soi, Ananda ? Prenons le cas d’un moine qui part dans la forêt, s’assoit au pied d’un arbre ou dans une cabane isolée et réfléchit ainsi : ‘Les yeux et les formes qu’ils voient sont impersonnels ; les oreilles et les sons qui leur parviennent sont impersonnels ; le nez et les odeurs sont impersonnels ; la langue et les saveurs sont impersonnelles ; le corps et les objets tactiles sont impersonnels ; l’esprit et les phénomènes mentaux sont impersonnels’. Et il demeure ainsi, à contempler le non-soi dans les six bases des sens intérieures et extérieures. Voilà ce que l’on appelle ‘perception du non-soi’.

[3] « Et qu’est-ce que la perception de l’aspect peu attrayant du corps, Ananda ? Prenons le cas d’un moine qui passe son corps en revue de bas en haut depuis la plante des pieds et de haut en bas depuis la pointe de ses cheveux. Il voit que ce corps, enveloppé dans de la peau, est rempli de toutes sortes d’impuretés : ‘Il y a, dans ce corps, des cheveux, des poils, des ongles, des dents, de la peau. Il y a la chair, les muscles, les os, la moelle, les reins, le cœur, le foie, la plèvre, la rate, les poumons, l’intestin grêle, le gros intestin, l’estomac, les excréments, la bile, les mucosités, le pus, le sang, la sueur, la graisse, les larmes, la salive, la morve, la synovie, l’urine.’ Et il demeure ainsi à contempler l’aspect repoussant du corps. Voilà ce que l’on appelle ‘perception de l’aspect peu attrayant du corps’.

[4] « Et qu’est-ce que la perception du danger, Ananda ? Prenons le cas d’un moine qui part dans la forêt, s’assoit au pied d’un arbre ou dans une cabane isolée et réfléchit ainsi : ‘Ce corps est source de nombreuses douleurs et de danger car toutes sortes de maladies peuvent lui arriver : maladies des yeux, de l’oreille interne, du nez, de la langue et du corps ; maladies au niveau de la tête, de l’oreilles externe, de la bouche et des dents ; toux, asthme, conjonctivite, toutes sortes de fièvres, maux d’estomac, évanouissement, dysenterie, colique, choléra, lèpre, furoncles, eczéma, tuberculose, épilepsie ; maladies de la peau, urticaire, teigne, psoriasis, gale, hémorragie, diabète, hémorroïdes, fistules, cancer ; maladies qui viennent de la bile, des mucosités, des gaz, ou de leur combinaison ; maladies dues aux changements climatiques, à des comportements négligents, à des agressions ou à des conséquences karmiques ; et puis il y a le froid, la chaleur, la faim, la soif, le besoin de déféquer et d’uriner’. Et il demeure ainsi, à contempler les dangers liés à ce corps. Voilà ce que l’on appelle ‘perception du danger’. »

[5] « Et qu’est-ce que la perception du renoncement, Ananda ? Prenons le cas d’un moine qui ne cède pas à une pensée de sensualité qui lui est venue. Il l’abandonne, la chasse, l’extermine et l’anéantit. Il ne cède pas à une pensée malveillante qui lui est venue. Il l’abandonne, la chasse, l’extermine et l’anéantit. Il ne cède pas à une pensée nocive qui lui est venue. Il l’abandonne, la chasse, l’extermine et l’anéantit. Il ne cède pas à des états d’esprit malsains et nuisibles. Il les abandonne, les chasse, les extermine et les anéantit. Voilà ce que l’on appelle ‘la perception du renoncement’.

[6] « Et qu’est-ce que la perception du détachement des passions, Ananda ? Prenons le cas d’un moine qui part dans la forêt, s’assoit au pied d’un arbre ou dans une cabane isolée et réfléchit ainsi : ‘Voilà ce qu’est la paix ; c’est sublime : elle arrive quand toutes les activités se calment, quand toutes les possessions sont abandonnées, quand la soif du désir est anéantie. C’est le détachement des passions, le nibbāna.’ Voilà ce que l’on appelle ‘perception du détachement des passions’. »

[7] « Et qu’est-ce que la perception de la cessation, Ananda ? Prenons le cas d’un moine qui part dans la forêt, s’assoit au pied d’un arbre ou dans une cabane isolée et réfléchit ainsi : ‘Voilà ce qu’est la paix ; c’est sublime : elle arrive quand toutes les activités se calment, quand toutes les possessions sont abandonnées, quand la soif du désir est anéantie. C’est la cessation, le nibbāna.’ Voilà ce que l’on appelle ‘perception de la cessation’.

[8] « Et qu’est-ce que la perception de l’absence d’attirance pour le monde, Ananda ? Prenons le cas d’un moine qui s’abstient de toute forme d’engagement et d’attachement, d’opinions, de convictions et de tendances par rapport au monde ; il les abandonne sans plus s’y attacher. Voilà ce que l’on appelle ‘perception de l’absence d’attirance pour le monde’. »

[9] « Et qu’est-ce que la perception du caractère impermanent de tous les phénomènes conditionnés, Ananda ? Prenons le cas d’un moine qui est repoussé, humilié et dégoûté par tous les phénomènes conditionnés. Voilà ce que l’on appelle ‘perception du caractère impermanent de tous les phénomènes conditionnés’. »

[10] « Et qu’est-ce que l’attention à la respiration, Ananda ? Prenons le cas d’un moine qui part dans la forêt et s’assoit au pied d’un arbre ou dans une cabane isolée. Il croise les jambes, redresse le dos, pose son attention devant lui et, simplement attentif, il inspire ; simplement attentif, il expire.

« Quand il inspire longuement, il se dit, consciemment : ‘J’inspire longuement’ ; s’il expire longuement, il se dit consciemment : ‘J’expire longuement’. Quand il inspire brièvement, il se dit, consciemment : ‘J’inspire brièvement’ ; s’il expire brièvement, il se dit consciemment : ‘J’expire brièvement’. Il s’entraîne ainsi ; ‘En ressentant l’ensemble du corps, je vais inspirer’ ; il s’entraîne ainsi : ‘En ressentant l’ensemble du corps, je vais expirer’. Il s’entraîne ainsi ; ‘En calmant l’activité corporelle, je vais inspirer’ ; il s’entraîne ainsi ; ‘En calmant l’activité corporelle, je vais expirer’.

«  Il s’entraîne ainsi ; ‘En ressentant la joie, je vais inspirer’ ; il s’entraîne ainsi : ‘En ressentant la joie, je vais expirer’. Il s’entraîne ainsi ; ‘En ressentant le bonheur, je vais inspirer’ ; il s’entraîne ainsi : ‘En ressentant le bonheur, je vais expirer’. Il s’entraîne ainsi ; ‘En ressentant l’activité mentale, je vais inspirer’ ; il s’entraîne ainsi : ‘En ressentant l’activité mentale, je vais expirer’. Il s’entraîne ainsi ; ‘En apaisant l’activité mentale, je vais inspirer’ ; il s’entraîne ainsi : ‘En apaisant l’activité mentale, je vais expirer’.

«  Il s’entraîne ainsi ; ‘En ressentant l’esprit, je vais inspirer’ ; il s’entraîne ainsi : ‘En ressentant l’esprit, je vais expirer’. Il s’entraîne ainsi ; ‘En réjouissant l’esprit, je vais inspirer’ ; il s’entraîne ainsi : ‘En réjouissant l’esprit, je vais expirer’. Il s’entraîne ainsi ; ‘En concentrant l’esprit, je vais inspirer’ ; il s’entraîne ainsi : ‘En concentrant l’esprit je vais expirer’. Il s’entraîne ainsi ; ‘En libérant l’esprit, je vais inspirer’ ; il s’entraîne ainsi : ‘En libérant l’esprit, je vais expirer’.

«  Il s’entraîne ainsi ; ‘En contemplant l’impermanence, je vais inspirer’ ; il s’entraîne ainsi : ‘En contemplant l’impermanence, je vais expirer’. Il s’entraîne ainsi ; ‘En contemplant l’effacement progressif, je vais inspirer’ ; il s’entraîne ainsi : ‘En contemplant l’effacement progressif, je vais expirer’. Il s’entraîne ainsi ; ‘En contemplant la cessation, je vais inspirer’ ; il s’entraîne ainsi : ‘En contemplant la cessation, je vais expirer’. Il s’entraîne ainsi ; ‘En contemplant le lâcher-prise, je vais inspirer’ ; il s’entraîne ainsi : ‘En contemplant le lâcher-prise, je vais expirer’.

« Voilà ce que l’on appelle ‘l’attention à la respiration’.

«  Ananda, si tu vas voir le moine Girimananda et que tu lui parles de ces dix perceptions, il est possible qu’en les entendant il guérisse aussitôt de son mal. »

Après avoir entendu de la bouche de l’Éveillé cet enseignement sur les dix perceptions, Ananda alla trouver le Vénérable Girimananda et le lui rapporta. Quand le Vénérable Girimananda entendit cet enseignement sur les dix perceptions, son mal disparut immédiatement. Le Vénérable Girimananda guérit de son mal et s’est ainsi qu’il en fut guéri.

 

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